Coup d’Oeil dans le Rétro F1 : Monza 1988

L’édition 1988 du GP d’Italie à Monza se déroule dans un contexte particulier. En effet, Enzo Ferrari, Il Commendatore, vient de décéder en août. Les tifosi attendent une bonne course des Ferrari, mais l’ogre McLaren ne lâchera rien.

Les McLaren intouchables

En 1988, les McLaren, nouvellement motorisées par Honda, sont intouchables. En arrivant en Italie, Prost et Senna ont remporté tous les GP disputés. Les autres écuries, à commencer par la Scuderia Ferrari ne ramassent que les miettes des 3e, 4e places, ou, dans le meilleur des cas, la 2e place lorsque une McLaren rencontre un problème.

La disparition d’un géant

L’Italie est en deuil. Enzo Ferrari s’est éteint en août. Le Commendatore qui a patiemment construit sa Scuderia année après année est parti, laissant orphelins des dizaines de tifosi.
Ces derniers attendent des pilotes une course impeccable pour rendre un dernier hommage à Ferrari.

McLaren en force

Comme prévu, les deux McLaren sont en première ligne, Senna devant Prost. La deuxième ligne est toute rouge, Berger, devant Alboreto. Le départ a lieu sans encombres, et les voitures rouges et blanches prennent la tête, mais Berger reste dans le sillage de Prost. Une course d’attente s’engage.

34e tour, une rumeur s’élève sur l’Autodromo di Monza. Prost est arrêté, moteur explosé. Le début du miracle à l’italienne ? Les tifosi ne s’attendent sûrement pas à ce qui va se produire.

Un accrochage qui fait le bonheur de l’Italie

Senna est largement en tête et se dirige droit vers une victoire facile. Mais alors qu’il rejoint Jean-Louis Schlesser et sa Wiliams (qui remplace Mansell, malade) à l’amorce de la première chicane, le Brésilien tente le dépassement et les deux voitures s’accrochent. Senna est éliminé !

Rien ne peut désormais s’opposer à un formidable doublé Ferrari. Ce sera la seule course de la saison non-remportée par une McLaren. Et quel plus bel hommage pour Enzo Ferrari que ses deux voitures sur les deux premières marches du podium de Monza.

Coup d’Oeil dans le Rétro F1 : Spa 1992

L’édition 1992 du Gp de Belgique a vu la première victoire en F1 d’une future légende de la discipline : M.Schumacher.

Senna ce héros

Essais du GP, Erik Comas est dans un tour rapide, quand il sort violemment de la piste à Blanchimont. Le Français est inconscient dans sa voiture et a gardé le pied sur l’accélérateur, alors que de l’essence commence à s’échapper. Senna qui arrive derrière, stoppe sa McLaren et fonce actionner le coupe-circuit de la Ligier. Un acte qui a peut-être évité un drame. Les deux pilotes vont devenir amis suite à cette mésaventure.

Williams part fort, Senna et Schumi suivent

Parties en pole sur la piste encore humide suite aux averses de la veille, les Williams de Mansell et Patrese sont surprises au départ par Senna. Pas pour longtemps, puisque les deux pilotes de Grove reprennent leur bien.
La pluie refait son apparition et M.Schumacher commence à mettre la pression sur les Williams. Alors proche de Patrese, un petit tour hors piste le pousse à tenter le pari des slicks, alors que la pluie cesse et la piste va en s’asséchant. Schumi vient en effet de voir les pneus pluie de son équipier Brundle très usés. Il comprend qu’il lui faut rechausser les slicks. Pari gagnant. Si ilsouffre un peu sur quelques portions encore grasses, l’Allemand tourne presque 8″ plus vite que les Williams.

Schumacher prend la tête car les Williams ont retardé leur deuxième passage aux stand et perdent du temps avec leurs pneus pluie. Mansell tente de revenir, mais un souci d’échappement lui enlève tout espoir. Superbe victoire de Schumi devant Mansellet Patrese. Un grand est né ce jour-là en Belgique.

WRC : Bastions nordiques en danger

1000 Lacs, RAC, Rallye de Suède … Ces trois manches du championnat du monde des rallyes ont été longtemps considérées comme de vraies forteresses, où seuls les pilotes locaux (et souvent les Scandinaves!) sont restés maîtres pendant de nombreuses années. Mais, cette domination n’est plus d’actualité aujourd’hui, comme l’a encore démontré Sébastien Ogier ce week-end en Finlande. Retour sur la fin d’époque.

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Que ce soit sur les pistes verglacées de Suède, entre les jumps finlandais ou dans les forêts galloises, les pilotes nordiques ou britanniques ont dominé toutes les manches de ces trois épreuves dès les années d’après-guerre.

Au RAC, les parcours secrets et les spéciales « Mickey Mouse » ne favorisent pas les « étrangers » qui ne savent pas où ils mettent les roues ! Les locaux coupent largement les virages et connaissent chaque pouce du terrain. La Finlande et ses bosses où il est indispensable de bien connaître la façon de se placer avant les sauts, et ses vitesses entre des sapins qui servent d’échappatoire. Enfin ne parlons pas de la Suède, avec une conduite sur neige et glace qui exige une parfaite maîtrise, avec le fameux jeu avec les murs de neige dont se servent les Scandinaves pour se remettre en piste après leurs splendides dérives.

Très peu de latins osaient se frotter à de tels mythes dans les années 70, et pour cause. A quoi bon finir hors du top 10, ne pas marquer de points, et faire un voyage long et coûteux pour certains à l’époque. Du coup, entre 1950 et 1990, le RAC, les 1000 Lacs et la Suède sont restés propriété des hommes du Nord. Seuls Thérier en Suède en 1973, ou Munari au RAC 1974 montent sur le podium. Les années 80 allaient marquer un renouveau.

Röhrl, Mouton, Saby les précurseurs

Début des années 80, un nouvel ogre arrive en WRC, Audi. L’armada germanique possède des pilotes qui n’ont pas peur de rivaliser avec les Nordiques sur leur terrain. Un seul contre-exemple avec Walter Röhrl qui refuse catégoriquement de faire la Finlande, qu’il juge trop dangereux, ou le RAC à cause du brouillard. L’Allemand est une exception car, pour devenir champion du monde, les pilotes ne peuvent plus se permettre de manquer des épreuves d’un championnat qui compte 12 manches.

En 1980, Guy Fréquelin, copiloté par Jean Todt, arrache la 3e place au RAC sur sa Talbot Sunbeam. En 1984, Michèle Mouton termine 2e en Suède. De plus en plus, les Italiens, ou Français jouent le podium sur ces manches. Deux pilotes vont alors se révéler et briser l’hégémonie scandinave et britannique : Didier Auriol et Carlos Sainz.

Flying Latins !

En 1988, Auriol termine 3e des 1000 Lacs sur sa Ford Sierra Cosworth, mais le coup de maître est réalisé par le futur champion du monde 1990 (puis 1992) Carlos Sainz. 3e en Finlande et 2e au RAC en 1989, El Matador remporte l’année suivante les 1000 Lacs et le RAC. Une vraie fessée pour les Nordiques qui doivent s’incliner face à cet Espagnol capable de se battre sur tous les terrains du WRC. C’est une vraie première. Auriol lui emboîte le train et s’adjuge haut la main la Finlande en 1992.

A partir de cette époque, les deux meilleurs ennemis trustent souvent les podiums finlandais et britanniques mais la Suède se refuse à eux. Les pistes enneigées restent inviolées, mais pour combien de temps ?

Loeb, maître parmi les maîtres

En 2001, un jeune Alsacien débarque en WRC. Sébastien Loeb devient très vite un Tarmac Master comme l’ont été ses aînés français. Mais comme Auriol, Thérier ou Delecour, Loeb commence à jouer la gagne sur la terre. En 2003, il passe tout près de la couronne mondiale (merci les consignes …) et termine 2e en Grande-Bretagne. Son coup de maître va venir en février 2004, ou Loeb profite d’une petite erreur de Marcus Grönholm pour devenir le premier non-Nordique à s’imposer en Suède. Il remportera par la suite le RAC (2008-2009 et 2010) et aussi la Finlande en 2008, 2011 et 2012.

Cette fois, les bastions du Nord sont bel et bien en train de tomber. Mais les Nordiques n’abdiquent pas facilement. Latvala, Hirvonen ou Ostberg ne sont pas disposés à laisser ces pilotes « étrangers » venir leur disputer la victoire sur leurs propres terres. Mais après Loeb, voici Ogier qui se présente en 2013 avec sa nouvelle équipe Volkswagen. Résultat : victoire en Suède et en Finlande. Ogier fera-il le Grand Chelem du Nord en enlevant le RAC ? Réponse en novembre prochain.

F1 : Sound Of Senna

Vous avez peut-être entendu parler de la curieuse expérience menée par Honda. La marque japonaise a réalisé un montage du son de la McLaren d’Ayrton Senna lancée sur un tour chrono du circuit de Suzuka en 1989, lors du fameux GP du Japon, décisif pour le titre mondial. Un trait de lumière représente la trajectoire de la voiture et le son du V10 Honda est juste fantastique. Appréciez :

Coup d’Oeil dans le Rétro F1 : Hongrie 2003

Juste avant la pause estivale, le F1 Circus se rend en Hongrie, théâtre de la première victoire de Fernando Alonso dans la catégorie reine en 2003.

Les impairs partent mieux

Comme souvent sur ce circuit hongrois, il vaut mieux être qualifié sur les numéros impairs ! 2003 ne déroge pas à la règle. Si Alonso s’envole parfaitement de la pole, Ralf Schumacher et Juan-Pablo Montoya restent scotchés sur leurs 2e et 4e places. Mark Webber passe 2e sur sa Jaguar et va jouer un rôle primordial dans le déroulement de la course.

Webber bloque le peloton, Alonso s’échappe

Avec sa Jaguar à moteur Cosworth, Webber ralentit considérablement la meute emmenée par Kimi Raïkkönen. Devant, Alonso en profite pour creuser un écart qui va se révéler décisif. Il est toujours compliqué de doubler sur le tracé hongrois et Webber fait office de vrai bouchon de sécurité pour la Renault de l’Espagnol.

Raïkkönen se joue enfin de Webber, mais possède plus de 20″ de retard. Alonso s’arrête, retombe 3e et reprend le leadership après l’arrêt de ses poursuivants. Au deuxième arrêt, il ressort même devant Raïkkö. La course est gagnée pour l’Espagnol. Webber repart 9e mais réussira à accrocher la sixième place. Alonso gagne devant Raïkkönen, Montoya, Schumacher et Coulthard.

Mais où sont les Ferrari ? Week-end cauchemar pour la Scuderia. Barrichello renonce sur une casse de suspension sur le freinage du premier virage. Pour Schumacher, le point de la 8e place vaudra cher en fin de saison. Il devancera Raïkkönen au championnat … d’un tout petit point. Comme quoi, les points intermédiaires chers à Enzo Ferrari ont encore fait la différence.

F1 : Monaco entre strass et légende (Photos et vidéo)

Rendez-vous glamour par excellence du calendrier F1, le GP de Monaco allie toujours les paillettes à la fureur de la course.

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Un tracé mythique, et un rendez-vous incontournable

Ste-Dévote, le Portier, la chicane de la Piscine, l’épingle du Loews … Autant de virages célèbres de ce circuit de Monaco qui serpente dans les rues de la Principauté. C’est en 1929 que la première course se tient sur ce tracé, qui va évoluer assez peu au fil des années. La grosse évolution a lieu en 1972-73 avec la création de la portion après le bureau de Tabac. Par la suite, une chicane à Ste-Dévote et une à la Rascasse seront ajoutées. Voici quelques photos issues du compte Twitter de Williams F1 :

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Monaco est le GP que tout le monde veut remporter. Un peu comme un Clasico en Liga, ou l’étape de l’Alpe d’Huez sur le Tour de France. Chaque année, les « people » se pressent sur la ligne de départ monégasque pour admirer les funambules du volant.

Équilibristes en action

La grande particularité de Monaco reste les rails disposés tout au long du circuit. Des rails qui ne laissent aux pilotes aucune marge d’erreur. Pourtant dans les premières années du GP de Monaco, certaines portions n’étaient pas pourvues de ces rails. Un détail qui n’avait pas échappé à Alberto Ascari en 1955, lorsque l’Italien, parti à la faute sur l’huile de la Mercedes de Moss, plonge droit dans les eaux du port ! Plus de peur que de mal pour le double champion du monde.
Monaco, c’est aussi des moments tragiques comme le dramatique accident de Lorenzo Bandini en 1967. L’Italien décédera de ses blessures quelques jours après. Aux événements tragiques ou cocasses, Monaco a aussi été le théâtre de quelques unes des plus belles histoires de la F1.

Quand Monaco révèle les meilleurs

En 1984, un jeune Brésilien nommé Ayrton Senna Da Silva fait ses grands débuts en F1. Après les premières courses, le paddock a déjà pu entrevoir le potentiel du pilote Toleman. Mais c’est à Monaco que Senna va éclater au grand jour. Sous une pluie dantesque, il profite de la sortie de Mansell pour revenir dans les roues de Lauda, puis grignote tour après tour les secondes qui le séparent du leader Alain Prost. Après la décision de Jacky Ickx (qui restera controversée) d’arrêter la course, Senna finit finalement 2e, mais tout le monde sait qu’il serait revenu sur Prost. Une étoile est née, et Monaco sera son panthéon.
Six victoires entre 1987 et 1993 feront de Senna le recordman des victoires en Principauté. Seule ombre au tableau, la course de 1988 où, largement en tête devant Prost, Ayrton fracasse sa McLaren-Honda dans le mur du Portier sur un instant de déconcentration. Comme il le dira plus tard, cette course et cet abandon constituent un tournant dans sa carrière. Trois titres mondiaux plus tard, le jeune premier est devenu légende.

Autre grand moment en 1982, quand le vainqueur se laisse désirer. Prost est en tête, mais se fait piéger sur une plaque humide dans l’avant-dernier tour. Patrese passe en tête, part à la faute, et c’est Didier Pironi qui doit aller gagner avec sa Ferrari … avant de tomber en panne d’essence ! Finalement Riccardo Patrese, reparti après son erreur, cueille une victoire inespérée.

En 1996, Olivier Panis décroche la dernière victoire d’un pilote français en F1, au volant de sa Ligier. Plus qu’ailleurs, Monaco a été le théâtre de situations épiques.

Quel futur ?

Bien évidemment, le GP de Monaco reste l’une des pierres angulaires du calendrier de F1. Le tracé pourrait quant à lui subir quelques modifications d’ampleur dans les années qui viennent. Si le circuit en lui-même est magnifique, doubler sur cette piste est très, très compliqué. La pole position revêt une importance capitale, ce qui ne sera pas pour nous déplaire cette année, après des courses, où le poleman voit son bien largement anéanti par la dégradation des pneus Pirelli. Mieux vaut partir 5e ou 6e et avoir une auto économe en pneus, qu’une monoplace plus rapide mais dévoreuses de caoutchouc !

AutoCar en parlait en avril dernier. La Principauté voudrait gagner quelques m2 en direction de la mer, ce qui pourrait profiter à une modification du tracé. Ce ne sont que des suppositions aujourd’hui.

Quoi qu’il en soit, si vous avez l’occasion d’être dans la région entre jeudi et dimanche, n’hésitez pas à faire un détour par Monaco, pour admirer l’un des plus beaux spectacles que nous offre le sport automobile aujourd’hui. Pour finir un petit tour en caméra embarquée avec Jenson Button en 2009.

Crédit photo : Williams F1 Team