Monaco : Webber 6e de cordée

Avec la victoire de Mark Webber hier lors du GP de Monaco, nous tenons un sixième vainqueur en autant de courses cette année. Un bon point pour la F1, qui ne cesse de renouveler le suspense, mais un bon point qui ne doit pas faire oublier que cette course de Monaco n’a pas été des plus animées.

Pole position rime souvent avec victoire en Principauté, Mark Webber a encore une fois parfaitement démontré cet adage. Auteur d’un bon départ, l’Australien n’a jamais été réellement inquiété par ses poursuivants, parmi lesquels Rosberg 2e à l’arrivée, qui ne s’est jamais porté à hauteur de la RedBull-Renault de Webber. Le circuit de Monaco ne favorise certes par les dépassements, mais au vu de l’écart qui sépare le top 6 à l’arrivée (environ 6s entre Webber 1er et Massa 6e) cette année, on aurait espéré quelques banderilles bien placées. Il n’en fut rien.
L’action principale de ce GP se situe au départ, lorsque bloqué par Hamilton et Alonso, Romain Grosjean doit dévier légèrement de sa trajectoire avant l’attaque de Ste Dévote. Or, M.Schumacher arrive juste à ce moment-là. La Lotus touche le pneu avant droit de la Mercedes de Schumacher et part en toupie au milieu du peloton, mais heureusement pas de « big one ». Schumacher sans doute handicapé par cette touchette ne verra pas l’arrivée, étant contraint à l’abandon sur problème d’amortisseur.
Devant Webber mène devant Rosberg, Hamilton et Alonso. Le seul changement de position va avoir lieu entre la Ferrari et la McLaren lors du changement de pneus (le seul par ailleurs). Alonso rentre un tour plus tard que Hamilton et ressort devant lui. Vettel fera de même quelques temps après, profitant d’une stratégie à l’inverse de tous ses concurrents (départ en pneus durs) pour subtiliser la 4e place à Hamilton.

Button coule à pic

Décidément rien ne sourit à Jenson Button en ce moment. Auteur d’une qualification qui ruinait ses espoirs de bien figurer avant même le départ, l’Anglais ne parviendra pas à dépasser la modeste Caterham de Kovalainen. Une nouvelle preuve de la difficulté de dépasser, et aussi une preuve que ce circuit nivelle considérablement le niveau des monoplaces. Button abandonnera par ailleurs, après une touchette avec Kovalainen.

Prochain GP au Canada le 10 juin. Un petit rappel, TF1 pour cause de soirée électorale ne diffusera pas la course, qui pourra être visible sur les antennes d’Eurosport … sous réserve d’être abonné bien entendu !

1. Webber Red Bull-Renault 1h46:06.557
2. Rosberg Mercedes + 0.643
3. Alonso Ferrari + 0.947
4. Vettel Red Bull-Renault + 1.343
5. Hamilton McLaren-Mercedes + 4.101
6. Massa Ferrari + 6.195
7. Di Resta Force India-Mercedes + 41.537
8. Hulkenberg Force India-Mercedes + 42.562
9. Raikkonen Lotus-Renault + 44.036
10. Senna Williams-Renault + 44.516
11. Perez Sauber-Ferrari + 1 lap
12. Vergne Toro Rosso-Ferrari + 1 lap
13. Kovalainen Caterham-Renault + 1 lap
14. Glock Marussia-Cosworth + 1 lap
15. Karthikeyan HRT-Cosworth + 2 laps

Tableau via autosport.com

Qualifs Monaco : Schumacher meilleur temps, Webber en pole

M.Schumacher reste un compétiteur hors norme. La preuve avec ce meilleur temps réalisé aujourd’hui sur le circuit de Monaco pendant les qualifications. Mais sa pénalité reçue à Barcelone place Mark Webber en pole pour demain.

Mark Webber en pole position de ce GP de Monaco. Voilà une bonne nouvelle pour le pilote australien, qui profite de la pénalité infligée à Schumacher en Espagne pour partir de la position préférentielle en Principauté. Plus de trois pilotes sur quatre partis en pole à Monaco ont gagné ! C’est dire l’importance de cette place sur ce circuit urbain.
Derrière on retrouve Nico Rosberg qui partira 2e juste devant Lewis Hamilton. Romain Grosjean, que beaucoup mettait en pole, partira en 4e position.

Ferrari ne confirme pas

Les bons résultats de la Scuderia en essais libres n’ont pas été totalement confirmés en qualif. Alonso est 5e, Massa 7e juste derrière Schumacher. Le pilote de la Mercedes est pris en sandwich entre les deux monoplaces rouges, voilà qui va lui rappeler de bons souvenirs !
Déception pour Raïkkönen, 8e. Maldonado 9e temps, a pris 10 places de pénalité.
Enfin signalons la mauvaise performance de Button, éliminé dès Q2, et qui partira 12e. Temps délicats pour le champion du monde 2009.

A noter que Vergne et Perez ont chacun heurté les rails lors de Q2 pour le pilote Toro-Rosso et Q1 pour Perez.

1. Michael Schumacher Mercedes 1m14.301s
2. Mark Webber Red Bull-Renault 1m14.381s
3. Nico Rosberg Mercedes 1m14.448s
4. Lewis Hamilton McLaren-Mercedes 1m14.583s
5. Romain Grosjean Lotus-Renault 1m14.639s
6. Fernando Alonso Ferrari 1m14.948s
7. Felipe Massa Ferrari 1m15.049s
8. Kimi Raikkonen Lotus-Renault 1m15.199s
9. Pastor Maldonado Williams-Renault 1m15.245s
10. Sebastian Vettel Red Bull-Renault no time
Q2 cut-off time: 1m15.322s Gap **
11. Nico Hulkenberg Force India-Mercedes 1m15.421s + 0.510
12. Kamui Kobayashi Sauber-Ferrari 1m15.508s + 0.597
13. Jenson Button McLaren-Mercedes 1m15.536s + 0.625
14. Bruno Senna Williams-Renault 1m15.709s + 0.798
15. Paul di Resta Force India-Mercedes 1m15.718s + 0.807
16. Daniel Ricciardo Toro Rosso-Ferrari 1m15.878s + 0.967
17. Jean-Eric Vergne Toro Rosso-Ferrari 1m16.885s + 1.974
Q1 cut-off time: 1m16.491s Gap *
18. Heikki Kovalainen Caterham-Renault 1m16.538s + 1.120
19. Vitaly Petrov Caterham-Renault 1m17.404s + 1.986
20. Timo Glock Marussia-Cosworth 1m17.947s + 2.529
21. Pedro de la Rosa HRT-Cosworth 1m18.096s + 2.678
22. Charles Pic Marussia-Cosworth 1m18.476s + 3.058
23. Narain Karthikeyan HRT-Cosworth 1m19.310s + 3.892
24. Sergio Perez Sauber-Ferrari no time

Tableau des temps via autosport.com

Coup d’Oeil dans le Rétro F1 : Monaco 1996

Pour terminer ces rétrospectives des GP de Monaco, focus sur l’édition 1996 et la dernière victoire en F1 d’un pilote français, Olivier Panis.

16 ans qu’un pilote français n’a pas remporté de GP. Une éternité pour cette nation qui a produit bon nombre de grands pilotes, dont certains comme Alain Prost, ont régné sur cette catégorie. Peut-être verrons nous en 2012 une victoire française avec Romain Grosjean et sa Lotus-Renault ? Mais revenons en 1996.
Pole position pour ce GP de Monaco pour le champion du monde en titre Michaël Schumacher, tout juste transfuge de Benetton vers la Scuderia Ferrari. Le plus grand pari de sa carrière. On verra par la suite qu’il ne s’est pas fondamentalement trompé ! Derrière lui, on trouve Damon Hill sur sa Williams-Renault, les deux Benetton de Alesi et Berger, puis David Coulthard sur sa McLaren à moteur Mercedes.
La pluie est encore venue jouer les trouble-fête en ce dimanche, à tel point que les organisateurs ont mis en place une deuxième séance de warm-up pour que les pilotes se familiarisent avec ces conditions délicates. La course va se lancer sur une piste très glissante, mais la pluie a cessé.

Départ agité

Damon Hill va sauter littéralement la Ferrari de Schumacher au départ, passant Ste Dévote en tête devant Schumacher, Alesi et Berger. Le premier rebondissement va se produire au virage Mirabeau quand Schumacher se fait piéger et vient détruire sa suspension avant-gauche. A peine un demi tour de course, que le favori et double tenant du titre en Principauté est out. Damon Hill prend la tête devant Alesi, Berger et Coulthard.

Mécanique capricieuse

Hill va mener pendant plus de la moitié d’une course sans grand bouleversement. Déjà qu’il n’est pas aisé de dépasser sur le circuit monégasque, les conditions difficiles de piste n’arrangent pas les choses. Si Alesi prend la tête à la faveur de l’arrêt de Hill, qui chausse des pneus slicks, Hill le repasse dans la foulée. Au 40e tour, l’Anglais possède une bonne avance sur la Benetton qui n’a jamais pu se rapprocher pour tenter un dépassement. Mais dans le tunnel, le V10 Renault de Hill fait des siennes et le contraint à l’abandon. Alesi s’empare des commandes du GP et voit alors sa 2e victoire en F1 se dessiner.
Ce ne sera pourtant pas pour ce jour de mai que l’Avignonais montera sur la plus haute marche à Monaco. La suspension de sa Ferrari va rendre l’âme et Olivier Panis passe en tête. Il ne reste que 20 tours à parcourir, et l’on sait déjà que l’on n’ira pas au bout de la course, celle-ci allant dépasser les deux heures réglementaires.

Après un carambolage impliquant Irvine, Salo et Häkkinen, il reste 4 voitures en course : Panis, Coulthard, Herbert et Frentzen. Panis se sera pas rejoint et offre à Ligier une victoire inattendue. Espérons un successeur à Olivier Panis ce week-end !

Coup d’Oeil dans le Rétro F1 : Monaco 1982

Sans aucun doute le GP de Monaco au final le plus incroyable. A toi à moi pour la victoire en ce 23 mai 1982, avec en arbitre, la pluie et les réservoirs d’essence.

Ce GP se déroule dans une ambiance particulière : en effet, Gilles Villeneuve s’est tué lors du précédent GP à Zolder. Ferrari n’engage par ailleurs que la voiture de Didier Pironi pour cette manche monégasque.
En pole, on retrouve René Arnoux et sa Renault devant Riccardo Patrese au volant de sa Brabham à moteur Ford. Prost est 4e, Pironi 5e devant Rosberg et sa Williams. Le champion du monde Nelson Piquet n’est que 13e. La course s’élance et Arnoux passe Ste Dévote en tête avec Giacomelli (Alfa-Roméo), qui a passé Patrese au départ, sur ses talons.

Prost taille la route

Alain Prost va démontrer tout son talent pour remonter en 2nde position, profitant notamment de l’abandon sur problème mécanique (transmission) de Giacomelli sur son Alfa. Les deux Renault sont en tête. Pourtant Arnoux se fait surprendre à la Piscine et doit abandonner avant le 15e tour. Premier coup de théâtre dans ce GP qui ne va pas en manquer par la suite.

Les Renault out et un final « made in suspens »

Alors que Arnoux a abandonné, Prost reprend la main pour Renault. Le Français court après une première victoire en Principauté. Il mène la danse au championnat et une victoire ici lui permettrait de prendre le large sur ses poursuivants. Pendant près de 70 tours, rien ne va venir perturber la marche en avant de Prost. Mais alors qu’il ne reste plus que 3 tours, la pluie fait son apparition.
Prost va se faire piéger juste après la chicane du Port, sortant assez violemment de la piste mais sans dommage pour le pilote. Riccardo Patrese hérite donc du commandement au 73e tour, mais à son tour, juste avant l’épingle du Loews, l’Italien part à la faute sur la piste devenue très piégeuse. C’est donc Didier Pironi, au volant d’une Ferrari « revue » au niveau du museau avant, partiellement endommagé, qui prend la tête.
Mais à croire qu’être en tête de cette course est synonyme de malchance, Pironi est stoppé par une panne d’essence au 75e tour, tout comme Andrea De Cesaris et son Alfa, alors qu’il venait de doubler Pironi dans le tunnel. Incroyable fin de course, puisque c’est Patrese qui, à la faveur des pannes d’essence successives, va s’imposer après s’être remis en piste après son tête à queue du 74e tour. Un final époustouflant pour ce GP de Monaco 1982 !

Coup d’Oeil dans le Rétro F1 : Monaco 1988

Après Monaco 1955 et l’accident improbable d’Alberto Ascari, retour sur le GP de Monaco 1988. Peu d’action dans ce GP, mais une erreur de Senna, et quelle erreur !

Mai 1988, Monaco, troisième course de la saison. Depuis le début de l’année, on voit que McLaren-Honda sera intouchable. Le duo fraîchement constitué Alain Prost – Ayrton Senna est déjà très au-dessus de la concurrence. Cela se confirmera tout au long de la saison, avec une seule victoire pour une autre écurie en 1988. Ce sera Ferrari à Monza, quelques jours après la mort de Enzo Ferrari. Un bel hommage !
Revenons à la course en Principauté. Première ligne … deux McLaren, Senna devant Prost. Le Brésilien a réalisé le meilleur temps aux essais avec près d’une seconde et demie d’avance sur son coéquipier. Un vrai gouffre, qui prouve que Ayrton Senna est sur un petit nuage lors de ce week-end monégasque.

Un moment fondateur

Au départ, Senna s’envole devant Berger qui surprend Prost qui a manqué une vitesse. A Ste Dévote, les leaders passent sans encombre, mais derrière les touchettes habituelles ont bien lieu. Piquet, champion du monde en titre, est pris dans un accrochage avec Warwick et laisse le museau de sa Lotus.
Les positions vont très vite se stabiliser. Senna mène un train incroyable devant Berger, Prost, Mansell et Alboreto. Deux duels vont animer la course : Berger-Prost pour la 2e place et Mansell-Alboreto pour la 4e. Prost parait beaucoup plus rapide que la Ferrari de Berger, mais doubler sur le circuit en ville de Monaco est très délicat. Alboreto peut en témoigner. Au 32e tour,il tente une attaque sur la Williams de Mansell à la Piscine, et percute l’Anglais, qui doit abandonner. Dommage pour Mansell qui pouvait espérer un bon résultat au volant d’une Williams-Judd bien moins efficace que la Williams-Honda de l’an passé.
Au 54e tour, Alain Prost double enfin Gerhard Berger juste avant le virage de Ste Dévote. Senna possède alors près de 45 s d’avance sur Prsot. La messe est dite depuis longtemps, tant on ne voit pas le Français revenir sur Senna. D’autant que Ron Dennis, patron de McLaren intime l’ordre à Senna de gérer. Senna s’exécute, mais comme il le racontera par la suite, le fait de ne plus pousser ma machine au maximum va le déconcentrer et au virage du Portier, Senna heurte le mur intérieur et termine sa course dans le mur extérieur du virage, à l’entrée du tunnel. Incroyable retournement de situation. Senna, tenant du titre à Monaco, est out. Prost file vers une nouvelle victoire à Monaco devant Berger et Alboreto.

Senna regagne immédiatement son domicile de Monaco et s’enferme. On retiendra cette image du Brésilien sortant de sa McLaren, l’air un peu dépité, mais ne montrant aucune colère. C’est pourtant un moment fondateur de la carrière du futur triple champion du monde. Le début d’une domination sans partage dès 1989 dans les rues de Monaco, et la naissance d’un nouveau Senna. Comme le déclarait le Brésilien : « je suis devenu beaucoup plus fort depuis cet incident ». Au vu de la saison 1988 et de la suite de sa carrière, il avait bien raison !

Coup d’Oeil dans le Rétro F1 : Monaco 1955

Bond dans le temps pour ce deuxième Coup d’Oeil dans le Rétro consacré au GP de Monaco. Après l’édition 1984 et son arrivée controversée, retour sur l’édition 1955 et un accident … insolite.

Pourquoi avoir choisi 1955 ? Premièrement pour montrer que la F1 ne se résumé pas aux années 80 et 90. Deuxièmement, car cette course reste légendaire à de nombreux égards.
Le plateau tout d’abord : Mercedes avec Fangio, Moss et le Français Simon, Lancia qui aligne Ascari, Castellotti et De Villoresi, Maserati avec Jean Behra, Perdisa et Mieres, Ferrari avec un quatuor Trintignant-Farina-Tarufi-Schell … Que du beau monde en ce 22 mai 1955 ! Ensuite c’est le déroulement de la course qui va rester dans les annales.

Le poleman Juan Manuel Fangio s’élance parfaitement suivi de Castellotti sur sa Lancia et Moss, surpris par la voiture italienne au départ. Erreur réparée en quelques tours et le duo des Flèches d’Argent s’installe confortablement en tête de ce GP. Derrière on trouve, Ascari, Behra, Mieres, De Villoresi et Trintignant sur sa Ferrari 625.

Les Mercedes flanchent

A mi-course, alors que les positions en tête sont figées, les événements se précipitent. Les deux Mercedes vont connaître des soucis mécaniques. Ascari qui menait grand train derrière les monoplaces allemandes se dirige vers la tête du Grand Prix … sauf que lors de son arrivée sur les lieux de la casse de Moss, l’Italien glisse sur l’huile laissée par la Mercedes et termine sa course … dans le port de Monaco ! Cette image va rester célèbre, d’autant que sans gravité, puisque Ascari réussira à se sortir du cockpit de sa Lancia, puis sera aidé par des secouristes. Plus de peur que de mal pour Alberto.
Pendant ce temps, c’est Trintignant qui s’empare des commandes de la course et il ne reste qu’une vingtaine de tours. Malgré une pression de la seconde Lancia de Castellotti en fin de course, la Ferrari s’impose au bout des 100 tours (oui, oui 100 tours !) du tourniquet monégasque.

Coup d’Oeil dans le rétro F1 : Monaco 1984

Comment ne pas commencer cette rétro du GP de Monaco par l’édition 1984 qui révéla au monde entier une future légende de la Formule 1 : Ayrton Senna. Une édition épique, mais aussi marquée par la controverse.

Tout d’abord, l’élément marquant de ce GP est le temps. Une pluie ininterrompue s’abat sur la Principauté en ce dimanche 3 juin. A tel point que la direction de course, chapeautée par Jacky Ickx, décide de retarder le départ de la course, en espérant une accalmie. Ce qui n’arrivera pas, et le départ est finalement donné dans des conditions dantesques.
Alain Prost, parti en pole sur sa McLaren-Tag, mène devant Nigel Mansell et sa Lotus. Derrière, un accrochage entre Tambay et Warwick inaugure une longue liste d’abandon pendant cette course. Après quelques tours, Mansell s’empare de la tête, après un souci sur la monoplace de Prost. Mansell démontre qu’il est un virtuose des conditions difficiles, et mène grand train avec sa Lotus-Renault. Il va pourtant se faire piéger et abandonner.
Prost récupère la tête devant Lauda et Ayrton Senna, jeune débutant au volant de sa Toleman-Hart. Parti 13e, le Brésilien fend le peloton et profite des abandons en cascade pour se placer juste dans les roues de Lauda et sa McLaren. Le dépassement intervient quelques tours plus tard.

Senna coupé dans son élan

La Toleman semble flotter au-dessus de la piste détrempée de Monaco. Senna reprend près de 25s en une dizaine de tours à Alain Prost. Au passage de la ligne au 29e tour, le Français indique à la direction de course de stopper le GP. Il réitère ses appels pendant 2 tours, et à la fin du 32e tour, Jacky Ickx brandit le drapeau rouge.
La course est arrêtée au moment où Senna franchit la ligne en tête, Prost s’étant garé juste avant la ligne d’arrivée. Mais le règlement de la FIA stipule que le classement d’une course interrompue est celui du dernier tour disputé par tous les pilotes encore en piste, soit le 31e. C’est donc Prost qui remporte cette édition. Senna est 2e, Arnoux 3e sur sa Ferrari.

Une polémique va naître après cette course. Pour certains, Ickx aurait cédé aux demandes de Prost, qui voyant Senna revenir comme une balle sur lui, a insisté pour que la course soit arrêtée, d’où ses signes répétés à chaque passage de la ligne pour montrer que la piste est impraticable. Ickx sera d’ailleurs suspendu de ses fonctions de directeur de course de la FISA, après ce GP.
Quoi qu’il en soit, si l’arrivée de Monaco 1984 reste controversée, Ayrton Senna ne manquera pas l’occasion de confirmer ce qui a été entrevu en ce jour de juin 1984 : qu’il deviendrait un grand de la Formule 1.