WTCC – Sport et business : un savant mélange

On le sait, l’argent a pris le pouvoir dans de nombreux sports. Aujourd’hui, il faut en plus d’avoir de bons résultats sur le plan sportif, être le plus rentable possible. Le foot en est le meilleur exemple. En sport auto, la logique est différente, mais derrière l’annonce de recrutement de certains pilotes se cachent d’autres enjeux.

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Avec le duo déjà connu Yvan Muller – Sébastien Loeb, Citroën Racing avance une équipe sportivement solide pour son arrivée en WTCC. Mais, derrière le sport se cache aussi un enjeu économique pour la marque aux chevrons. La série « Tourisme » constitue une vitrine formidable pour la firme française qui s’est pourvue d’ambassadeurs de choix.

Lors de sa conférence de presse sur son programme sportif, Citroën, outre de rappeler quels seront ses équipages WRC pour 2014 (Kris Meeke et Mads Ostberg, renforcés par Khalid Al Qassimi sur certaines épreuves) a dévoilé le nom de son troisième pilote en WTCC. Il s’agit de José Maria Lopez. L’Argentin n’est pas un débutant dans la catégorie (et avait été aussi pressenti pour intégrer feu USF1 en 2010) et s’est illustré l’an passé en s’adjugeant la seconde course de son épreuve nationale sur le circuit Termas de Rio Hondo. Une valeur sûre de la discipline donc mais aussi une bonne « affaire » pour la marque.

Un enjeu économique majeur

Le but premier de Citroën est de vendre des voitures. Pour cela, la publicité est impossible à éviter. Les titres successifs en WRC avec Sébastien Loeb ont aidé à cela. Le WTCC visite une vraie cohorte de pays à travers le monde (Argentine, Chine …) qui sont autant de marchés potentiels pour la marque française. Surtout que bon nombre de ces pays étaient encore appelés émergents il y a quelques années. D’où un parc automobile à construire ou à reconstruire dans certains cas. Avec Lopez en troisième pilote, le « quai de Javel » (ancien lieu d’implantation des usines Citroën jusqu’en 1974) recrute un ambassadeur de choix, qui pourra être l’une des figures « porteuses » pour les ventes de voitures.

Et lorsque l’on sait qu’un quatrième pilote de nationalité chinoise sera engagé sur les trois dernières manches 2014 (Shanghai, Suzuka et Macao), on voit clairement que les objectifs commerciaux ne sont jamais très loin derrière les paddocks des courses de sport mécanique.
Demandez donc à Peugeot, bien mal en point au début des années 80, le modèle de sa gamme qui l’a sauvé. La 205 ! Et quelle était la voiture engagée en rallye par la marque de Sochaux en Groupe B en 1984 ? La 205 Turbo 16 ! Comme quoi, l’histoire n’est qu’une répétition, bien qu’aujourd’hui, le but est de dénicher de nouveaux marchés, le notre étant saturé et trop peu porteur pour les marques hexagonales.

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WRC : Citroën officialise Meeke et Ostberg

On attendait la décision de la firme aux chevrons quant à son line-up pour 2014. Un jour avant Hyundai, les Rouges viennent d’officialiser Kris Meeke et Mads Ostberg au volant des DS3 WRC pour l’an prochain.

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Le duo Irlando-Norvégien mènera donc les voitures françaises sur les pistes du championnat du monde 2014. Les deux pilotes seront accompagnés de Khalid Al-Qassimi qui devrait disputer plusieurs manches. Meeke avait disputé quelques rallyes avec la DS3 cette saison, et malgré certaines déconvenues, il semble que l’ancien pilote Peugeot ait convaincu. Pour Mads Ostberg, le passage chez Citroën suit une année un peu compliquée avec le QWRT M-Sport et les Ford Fiesta RS. Le Norvégien, solide sur les épreuves terre et neige, devra élever toutefois son niveau

Yves Matton, patron de Citroën Racing estime que « La composition de notre équipe pour la saison 2014 est cohérente avec nos ambitions. Kris Meeke et Mads Østberg ont eu des trajectoires différentes dans leurs carrières, mais ils sont tous deux au pied de la dernière marche au sein de la hiérarchie du rallye mondial. Après une phase d’apprentissage et de découverte de part et d’autre, notre objectif sera de les accompagner dans leur progression, et de faire d’eux des prétendants à la victoire. »

Où ira Hirvo ?

Les rumeurs faisaient état depuis plusieurs semaines que Hirvonen pourrait ne pas être reconduit. Le Finlandais, équipier modèle de Loeb dans ses dernières années, avait été bombardé favori pour le titre en 2013. Là, il n’a pas soutenu la comparaison avec Sébastien Ogier. Même sur des terrains favorables comme en Suède ou en Finlande, Mikko avait déçu. Son avenir devrait passer par un retour chez Ford, écurie avec laquelle il était passé tout près du titre en 2009. A moins que demain Hyundai crée la surprise … Mais c’est Dani Sordo qui tient la corde chez les Coréens.

WRC – France Étape 4 : Ogier par KO

Sébastien Ogier remporte le rallye de France à l’issue d’une dernière étape marquée par la sortie de route de Sébastien Loeb dans la première ES du jour. Une fin que l’on ne souhaitait pas pour le nonuple champion du monde, qui a manqué le rendez-vous avec ses fans dans la spéciale d’Haguenau.

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A peine quelques centaines de mètres dans l’ES15 ce matin, et l’hélicoptère de retransmission TV perd la trace du duo Loeb-Elena. L’équipage de la DS3 WRC flanquée du n°1 a disparu en contrebas d’un talus. Loeb est out du rallye ! Il expliquera avoir perdu sa Citroën sur une plaque de goudron noir humide. L’arrière a décroché et jamais l’ancien champion du monde n’a pu récupérer sa monture. Une sortie par la petite porte pour Loeb, alors que l’on attendait une dernière bagarre épique avec Ogier, Latvala et Sordo, tout ce monde séparé de 5″ ce matin.

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Loeb out, c’est Ogier qui prend de suite les choses en main en signant le meilleur temps des deux premières spéciales de la journée. Il récupère ainsi la tête du rallye. Sordo signe le scratch dans l’ES18 et revient à 10″ de la Volkswagen de tête avant la dernière vraie ES du jour.

Ogier pour conclure

C’est Latvala qui signe le meilleur temps dans l’ES19, alors que Ogier devance Sordo de 2″2. Avant la dernière super-spéciale d’Haguenau, Ogier possède 12″2 d’avance, autant dire que le rallye gagné pour le pilote VW. La victoire de Neuville dans l’ES20 ne changera rien et Sébastien Ogier fête dignement son titre de champion du monde par une victoire en France sur les terres de son ancien rival Sébastien Loeb. Sordo est une nouvelle fois 2e devant Latvala. En WRC-2 notons la victoire de Robert Kubica.

Même out de l’épreuve, Loeb et Elena feront tout de même un tour d’honneur dans le premier passage dans Haguenau, histoire de saluer les fans venus en lasse et qui espéraient une autre fin à la fabuleuse histoire de leur champion en WRC. Merci Sébastien, merci Daniel pour tous ces grands moments et bonne chance dans votre vie future, lon des spéciales du WRC.

Crédit photo : Volkswagen, MorSvinka_83

WRC – France Étape 3 : Latvala profite des malheurs de Neuville

On avait prédit une lutte féroce pour la victoire, elle l’a été. Cette troisième étape du rallye de France-Alsace a été marquée par le retour en forme de Sébastien Ogier et les malheurs de Thierry Neuville, victime d’une crevaison dévastatrice dans l’ES11. C’est Latvala qui est en tête ce soir, mais les écarts sont minimes.

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On attendait le duel Loeb-Ogier, mais ni l’un ni l’autre n’ont été en mesure de passer en tête aujourd’hui. Ogier a pourtant ouvert les hostilités en s’adjugeant les deux premières ES de la matinée, repassant devant le nonuple champion du monde au général pour la 4e place. Seulement la 4e place car devant, les anciens seconds couteaux du WRC ont maille à partir pour la gagne. Neuville, Sordo et Latvala se battent à coups de dixièmes et le pilote Ford conserve l’avantage sur la Volkswagen du Finlandais à l’issue d’une ES10 historique.

900, chiffre magique

900, comme le nombre de spéciales remportées en carrière par Sébastien Loeb. L’Alsacien n’en finit plus de rentrer dans la légende du WRC, même à l’approche de la fin de sa glorieuse carrière. Les concurrents se dirigent alors vers le regroupement avant la boucle de l’après-midi. Neuville est en tête avec 13″ d’avance sur Latvala.

Neuville terrassé

Reprise des débats avec l’ES11, et très vite, on s’aperçoit que le leader Thierry Neuville est en retard aux temps intermédiaires. Un tête-à-queue est rapporté, mais c’est plus qu’une simple pirouette qui affecte les chronos du Belge. Une crevaison lente handicape la Fiesta RS. Neuville cède 1’26 sur le meilleur temps de Sébastien Ogier. Il avouera avoir été un peu vite en arrivant sur une intersection. « J’ai glissé et j’ai heurté quelque chose, une pierre ou quelque chose d’autre. Le pneu a déjanté et l’air s’est engouffré.« Catastrophe pour le clan Ford, alors que son pilote dominait les débats.

Vers une lutte à quatre

Ogier signe le scratch dans l’ES12 (Vallée de Munster) et vient reprendre le dessus sur Loeb pour la 3e place. Devant, Sordo s’empare des commandes du rallye et précède un Jari-Matti Latvala. Le scratch de Neuville dans la dernière vraie ES du jour ne change rien au général, mais les écarts sont infimes en tête. Avant la super-spéciale de Mulhouse, Sordo est en tête devant Latvala à 0″6, Ogier à 2″6, Loeb à 5″5. Neuville retombe en 5e position à 1’09″4 de Sordo. Après les superbes performances du jeune Belge hier et aujourd’hui, on se dit que le rallye est bien injuste parfois.

Latvala au finish

C’est Ogier qui remporte la super-spéciale du jour, mais c’est Latvala qui en profite pour chiper la tête du rallye à Sordo pour 0″4s ! Les Finlandais savent aussi aller vite sur le goudron, et Latvala fait ainsi russurgir les images d’Alen, Toivonen, Vatanen ou Gronhölm, eux aussi en verve sur l’asphalte. Ogier est 3e ce soir à 1″5 de son équipier et Loeb pointe à 5″ seulement. La bataille d’Alsace aura lieu demain !

Crédit photo : Volkswagen

WRC – France Étape 2 : Le bon coup de Neuville

À l’issue de la deuxième journée du rallye de France-Alsace, c’est Thierry Neuville qui a pris les commandes de l’épreuve. Le jeune Belge de Ford s’est montré très à l’aise sur les routes piégeuses de l’Est de la France pour devancer ce soir Dani Sordo. L’ancien champion du monde Sébastien Loeb a réalisé une belle matinée avant de voir Neuville lui voler la vedette, suite à de mauvais choix de gommes. Ogier est déjà loin.

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Ce sont des routes humides et particulièrement traîtresses auxquelles les acteurs du WRC ont eu affaire aujourd’hui. Mais ceci n’a pas empêché Sébastien Loeb de tirer le premier ce matin avec trois temps scratchs consécutifs. Le Français déloge rapidement le premier leader Sordo, mais voit très vite une menace venue du plat pays pointer à l’horizon.

Ogier perd gros

À l’arrivée de l’ES4, Ogier perd une vingtaine de secondes. Erreur, sortie, panne ? Rien de tout cela pour le néo champion du monde qui s’est juste montré un peu trop attentiste. Il le reconnaitra lui-même au point-stop.

Devant, la lutte fait rage entre la Ford de Neuville et les Citroën de Sordo et Loeb. Avec Volkswagen un peu hors du coup avec Ogier, on se croirait revenu quelques années en arrière. Loeb résiste jusque dans l’ES6, où Neuville signe son 2e scratch d’affilée et s’empare de la tête de la course. Loeb est 2e devant Sordo et Latvala qui reste dans les échappements du trio de tête. Ogier est 5e mais à plus de 24″. Ce sera difficile pour le natif de Gap de revenir dans la bagarre pour la victoire.

Merci Mr Météo

Comme l’annonce Neuville à l’arrivée de la dernière ES du jour, les Ford ont eu les bonnes infos concernant la météo. Pourtant, Citroën était maître en la matière. Mais cette fois, les Rouges se sont montrés un peu moins inspirés, surtout Mikko Hirvonen, auteur d’une journée catastrophique. Rien que dans l’ES7, le Finlandais lâche 35″4 sur Neuville. Un vrai gouffre.

Neuville termine en beauté, Loeb redescend

Le Belge est en forme et il le confirme. Dans l’ultime ES du jour, Neuville place une banderille qui laisse Ogier à près de 4″, et Sordo à 6″2. Loeb, handicapé par de mauvais pneus perd près de 10″. La grenouille de Citroën devra être meilleure demain.Neuville mène les débats devant Dani Sordo à 9″2, Jari-Matti Latvala à 11″8 et Sébastien Loeb, redescendu en 4e position après une ES7 difficile à 12″2. Ogier est déjà à plus de 28″7, malgré de meilleures sensations dans l’après-midi et Hirvonen traîne son malheur à plus d’ 1’35 ». Demain s’annonce chaud, chaud, chaud sur les routes alsaciennes.

Crédit photo : Ford

WRC – Australie Étape 4 : Pour un tout petit point

Il manque un point à Sébastien Ogier pour coiffer enfin sa première couronne mondiale. Le pilote Volkswagen s’est imposé en Australie, mais la deuxième place de Thierry Neuville, décrochée in extremis, retarde le sacre annoncé d’Ogier.

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Avec 19 temps scratchs sur 22 lors de ce rallye d’Australie et les trois points glanés lors de la Power Stage, Sébastien Ogier a rempli sa partie du contrat en vue de l’obtention du titre mondial aux antipodes. Derrière, il ne fallait pas que Thierry Neuville et sa Ford Fiesta RS WRC ne finissent deuxième. Jusqu’au dernier chrono, Mikko Hirvonen jouait parfaitement le rôle de tampon entre les deux derniers prétendants pour le titre mondial. Jusqu’à ce fameux dernier chrono.

Neuville opportuniste

Comme souvent en sport mécanique, le sort a joué encore une fois un rôle prépondérant dans l’issue de ce rallye. Hirvonen était victime d’une crevaison qui permettait au Belge de passer le Finlandais au général et de marquer un tout petit point, suffisant pour retarder l’échéance. Ogier s’impose donc devant Neuville et Hirvonen. Latvala suit en quatrième position et devance Ostberg, Mikkelsen et Novikov.

Meeke cale au finish

Comme en Finlande plus tôt dans l’été, Kris Meeke a démontré une certaine pointe de vitesse sur les psites australiennes. Mais comme en Finlande, l’Irlandais a failli dans la fiabilité. Parti en tonneau hier, le pilote Citroën n’a dû qu’au travail acharné de ses mécanos le droit de disputer la dernière étape. Pire pour la marque aux chevrons, Meeke partait une nouvelle fois trop large et arrachait sa suspension dans la dernière ES et a abandonné. Désillusion pour le remplaçant de Sordo, qui jouait gros en vue de son avenir en Mondial avec Citroën.

Sébastien Ogier devrait logiquement être couronné lors du rallye de France-Alsace début octobre. Un sacre qui serait symbolique à double titre, puisque Ogier pourrait être titré en France et sur les terres de son ancien rival, Sébastien Loeb.

Crédit photo : VW

WRC – Australie Étape 3 : Ogier quatre à quatre

Auteur de quatre temps scratchs sur les quatre ES proposées aujourd’hui (hors Super Spéciales), Sébastien Ogier a largement dominé cette troisième étape du rallye d’Australie. Son avance sur Hirvonen dépasse les 40″ et le titre mondial se rapproche.

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Cette troisième journée du rallye d’Australie était largement redoutée par les pilotes en raison de la très longue spéciale de Nambucca. 49,9 kms pour être très précis entre les forêts australiennes à des vitesses dépassant bien souvent l’entendement. Autre risque, les arbres qui bordent les pistes des antipodes et qui servent bien souvent de rails de sécurité. Mais rien de tout cela n’a perturbé un Sébastien Ogier des grands jours.

Un Grand Chelem en Australie

Avec tous les meilleurs temps du jour, Ogier et sa Polo R WRC n’ont laissé aucune chance à leurs rivaux de faire leur retard. Des rivaux au premier rang desquels Mikko Hirvonen. Le pilote Citroën, pourtant roi d’Australie depuis 2006, n’a pas été en mesure de contester le leadership d’Ogier. Relégué à 42″ à la fin de cette journée, Hirvo n’espère sans doute plus grand chose, si ce n’est une erreur du Français … ou une petite casse sur la voiture allemande.

Thierry Neuville conserve sa 3e place sur sa Ford Fiesta RS WRC. Le jeune Belge remonte petit à petit sur la Citroën d’HIrvonen, mais l’écart de 28″ entre les deux hommes sera difficile à combler. Reste que Neuville a de nouveau fait parler son talent sur ce rallye. Il sera sans aucun doute l’homme-clé du marché des transferts à venir.

Meeke out

Nominé en lieu et place de Dani Sordo sur ce rallye d’Australie, Kris Meeke effectuait une solide prestation avant de sortir de la route dans l’ES13, le deuxième passage dans Nambucca. L’Irlandais était alors 4e et menaçait Thierry Neuville pour la dernière marche du podium. Nouvelle désillusion pour Meeke, qui a néanmoins prouvé qu’il était encore très rapide. Cela aura-t-il été suffisant pour convaincre la marque aux chevrons de le conserver pour 2014 ?

Il reste encore une journée de course avant que Sébastien Ogier ne décroche ce premier titre qui lui est promis depuis le Monte-Carlo.

Crédit photo : AFP